Rachel Vanier

11 avril 2018, 10 h 06 : Romancière, Rachel Vanier est en train d’écrire son troisième ouvrage, à peine un an après la sortie de son dernier livre, « Écosystème » (Intervalles, 2017), qui traite de sujets complexes tels que la génération start-up et l’ambition. Elle a accepté de répondre à nos questions juste avant d’attaquer sa journée à Station F., dont elle est la directrice de communication. 

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« Je viens d’une famille littéraire, mon père et ma grand-mère étaient professeurs de lettres, c’est un petit déterminisme familial. L’écriture dans un contexte professionnel est venue un peu plus tard, d’abord par le biais d'un blog, que j'ai créé lorsque je suis partie étudier au Cambodge. En rentrant, je me suis lancée en écrivant un roman, « Hôtel International » (Intervalles, 2015). Pour l'écrire, j'ai suivi mon intuition et j'ai appris plus tard qu'il existait deux écoles d’écrivains : ceux qui commencent par le premier chapitre et qui se laissent porter par les personnages, et ceux qui font des plans détaillés, dont je fais partie. Je pense que l’idée de départ d’un bon livre émerge de quelque chose qui te prend par les tripes, d’une réflexion sur l’être humain comme l’ambition personnelle avec « Écosystème ». Pour l'écrire, j’ai lu beaucoup de romans qui retracent les parcours de personnalités ambitieuses ainsi que des ouvrages sur la psychologie, histoire d’infuser pleinement cette notion d’ambition dans mon livre. J'ai mis moins de six mois pour l'écrire après mon expérience chez E-Founders à San Francisco. 

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« Écosystème » retrace l’histoire de Marianne et Lucas, deux amis d’enfance qui décident de tout plaquer pour créer leur start-up, sans savoir comment s’y prendre. Ils incarnent un peu les anti-héros de l’entrepreneuriat et traversent toutes les épreuves auxquelles peuvent être confrontés les entrepreneurs d’aujourd’hui. Au travers de toutes leurs péripéties rocambolesques entre Paris et San Francisco, on suit surtout leurs parcours psychologiques : quelles sont leurs motivations, d’où viennent leurs ambitions individuelles... Avant d'écrire ce livre, je travaillais dans l'entreprise de mon boss, qui avait revendu sa précédente entreprise 800 millions de dollars et j’étais entourée d’individus dont l'objectif était de créer leur start-up et la valoriser à 1 milliard de dollars... Cela me travaillait et je voulais comprendre leurs motivations. J’ai finalement réalisé que je connaissais assez bien ce milieu et que très peu de personnes l’avaient raconté sous la forme d’une fiction où chacun peut se projeter, avec des vérités que l'on peut se réapproprier.

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Pour l’anecdote, le titre de mon roman fait référence au jargon des start-up. Au lieu de dire le « milieu des start-up », ceux qui en font partie utilisent le mot « écosystème ». Selon moi, la résilience et l’optimisme sont deux traits de caractère fondamentaux pour réussir dans l’écosystème. L’entrepreneur ne baisse jamais les bras et transforme chaque obstacle en opportunité. Je suis plus touchée par les gens qui montent leur entreprise que par les produits créés, particulièrement par ceux qui évoluent dans les domaines de la santé et de l’environnement. Avec Station F, nous venons de coproduire un documentaire qui s’appelle Foundation, sorti début avril. On suit des entrepreneurs dont Meet My Mamma, qui est un service de talents culinaires, des « mamas banlieusardes » que sa créatrice, Loubna Ksibi, va chercher afin de leur trouver des revenus réguliers. Ces femmes qui sont déjà douées pour la cuisine deviennent petit à petit de vraies businesswomen et c’est assez incroyable. D’une manière générale, j’admire beaucoup les personnes qui quittent leur confort pour créer leurs boîtes. L'écosystème est un milieu empli d’enthousiastes avec un petit grain de folie, ça m'inspire énormément au quotidien. »

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« Écosystème » de Rachel Vanier, paru aux éditions Intervalles (2017). Pour suivre toutes ses actualités, rendez-vous sur son site internet