Daniel Horowitz

17 janvier 2018, 15 h 53 : C’est en feuilletant le dernier numéro de Billebaude (N°11 - automne 2017), une revue éditée par la Fondation François Sommer et les éditions Glénat, que nous nous sommes remémorées le travail de l’artiste Daniel Horowitz, dont les œuvres exotiques et inclassables ont été remarquablement présentées dans le Musée de la Chasse et de la Nature à Paris, dans le cadre de son exposition en 2016. Actuellement résident à La Cité des Arts, dans le quatrième arrondissement, il nous a semblé évident que nous devions profiter de notre proximité géographique pour nous rencontrer et évoquer la genèse de ce projet artistique, son processus créatif et son animal imaginaire fétiche.

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« Je me suis marié à Paris en 2010 et lors d’une balade dans le Marais, je suis tombé par hasard sur le Musée de la Chasse et de la Nature, qui a été une révélation. Je n'avais jusqu’alors jamais réalisé à quel point l'art contemporain au sein d’un musée historique pouvait être aussi passionnant... J’y suis retourné à l’occasion d’un autre voyage à Paris et j’ai déposé un livre de mes œuvres accompagné d’une note à l’attention du directeur, M. Claude d'Anthenaise, qui m’a contacté peu de temps après. Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois jusqu’à la fin de l’année 2015 : c'est alors qu'il m’a commandé une série de dessins sur papier. 

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Le monde animalier a toujours été une source d'inspiration fondamentale dans mon travail et je pense que les animaux peuvent faire l’objet de métaphores parfaites pour de nombreuses idiosyncrasies humaines. Avant de me lancer dans la création de cette série de dessins, j’ai fait quelques recherches et me suis plongé dans l’univers de l’art de la chasse et de ses grands explorateurs, pour trouver les animaux adaptés à l'essence de chaque salle du musée. À travers cette ménagerie surréaliste, j'ai voulu explorer l'art de la chasse en tant que métaphore de   l’homme en quête de lui-même. L’objectif de cette commande était de manipuler des gravures et des aquarelles anciennes en exploitant leur style et leur technique, et ainsi de jouer avec l’œil du visiteur : est-ce une œuvre authentique ou y a-t-il eu intervention de l’artiste ? Le pouvoir des images sur la mémoire et la façon dont celles-ci peuvent la subvertir font partie intégrante de mon travail. 

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J'ai beaucoup aimé concevoir le Cyclops Lemuriformis, qui a nécessité que je travaille à partir de cinq gravures anciennes. Avec son œil en forme de queue, il est sans conteste le plus étrange de la série, et a bénéficié d’un emplacement rêvé, entre les arbalètes et les fusils du XVIème siècle ! Je n’avais jamais créé de tels artefacts et cette « carte blanche » donnée par la direction du musée s’est extrêmement bien passée. Je devais initialement livrer dix gravures et j’ai fini par en produire 20 en quatre mois. Fort heureusement, elles ont toutes trouvé une place de choix dans le musée. »

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Daniel Horowitz prépare en ce moment plusieurs projets artistiques à Paris. Pour le suivre, rendez-vous sur son compte Instagram.