Jean-Charles De Castelbajac

8 juin 2016, 16 h 30 : Nous avons rendez-vous avec le créateur de mode, illustrateur et célèbre « touche-à-tout » Jean-Charles De Castelbajac pour capter en mouvement son langage inspiré… Tout juste rentré d’un festival pluridisciplinaire à Istanbul, il nous accueille dans son atelier, en présence de ses deux fils, Louis-Marie et Guilhem De Castelbajac. Il prend le temps de répondre à nos questions tout en réalisant notre portrait à coups de feutres…

« Je suis né à Casablanca, au Maroc. Quand j'étais petit garçon, on avait tous une craie dans la poche et on traçait tous sur les murs, ça faisait partie de notre culture. Et puis, plus j'ai avancé dans la vie, plus je me suis aperçu que le dessin était ma respiration. C'était la seule manière de m'évader, qui représentait à la fois un exercice expérimental et salvateur. J'ai essayé différentes techniques comme le charbon de bois, le fusain... Mais ce sont mes dessins à la craie, dans la rue, qui m'ont apporté une certaine liberté. Lorsque je pars dessiner dans la rue, je m'arrête le plus souvent sur des bâtiments qui ont un passé, dans des passages où on ne les trouvera jamais. Il y en a beaucoup maintenant dans Paris, et certains restent très longtemps : on peut en trouver un à la Gare du Nord, qui remonte à l'époque où j'étais directeur artistique de Fin de siècle, un magazine destiné aux SDF.

Je suis très attaché à Paris, où j'habite depuis janvier 1968. Paris ne m'a jamais quitté : j'y ai trouvé la cristallisation de tout ce que j'aimais dans mon pays. De l'ombre, de la lumière, des traces, de la modernité aussi. C'est une ville très inspirante. Dans mon travail de mode, je n'ai jamais pu dessiner ailleurs qu'à Paris. En revanche, je ne dessine pas exclusivement sur les murs de la capitale : si vous regardez sur mon compte Instagram, les gens m'envoient souvent des photos de mes anges à Séoul, Londres, Istanbul... J'aime m'approprier l'histoire des villes et la redistribuer. J'ai passé quelques jours à Istanbul à l'occasion du festival Istanbul’74, et j'y ai trouvé des gens très joyeux. J'ai fait plein d'anges dans la ville, des « melek », comme on dit en turc. C'était très touchant, et je me vois déjà y retourner... »

instagram.com/jcdecastelbajac